|
|
1. La coalition d'opposition nigériane s'effondre
Peter Obi, figure politique nigériane de premier plan, a quitté le Congrès démocratique africain (ADC), une coalition d'opposition nouvellement formée dans le but de destituer le président Bola Tinubu lors des élections de janvier 2027. Obi, qui avait recueilli un quart des suffrages en 2023 et bénéficié d'un soutien massif de la jeunesse, a invoqué « des procédures judiciaires interminables, des luttes intestines, la suspicion et les divisions » pour justifier son départ de l'alliance. Il a rejoint le Congrès démocratique nigérian, un parti relativement peu connu. Cette défection affaiblit le front uni de l'opposition et profite à Tinubu, car elle accroît la probabilité d'une nouvelle fragmentation du vote anti-gouvernemental. Cette scission met en lumière les difficultés rencontrées par l'opposition nigériane pour bâtir des alliances durables capables de défier le pouvoir en place dans la plus grande démocratie d'Afrique.
|
|
|
2. Le Congolais Tshisekedi évoque une possible prolongation de son mandat.
Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a laissé entendre qu'il pourrait briguer un troisième mandat en 2028 par référendum, malgré la limitation à deux mandats présidentiels. Il a également averti que les élections de 2028 pourraient être reportées sine die si le conflit en cours avec les rebelles du M23 dans les régions du Nord et du Sud-Kivu, à l'est du pays, n'est pas résolu. Il a affirmé qu'aucune élection ne pouvait se tenir sans la résolution du conflit dans ces régions. Ces déclarations confirment les craintes de longue date de l'opposition, selon lesquelles un projet de loi récemment déposé au Parlement, définissant les modalités du référendum, serait une manœuvre délibérée visant à modifier la limitation des mandats présidentiels, une tentative que ses détracteurs qualifient de « coup d'État constitutionnel ». Si Félix Tshisekedi met son plan à exécution et parvient à réécrire la Constitution, le Congo pourrait connaître une dérive autoritaire prolongée et une instabilité régionale.
|
|
|
3. Le gouvernement Ouattara dissout l'organe électoral
Le gouvernement ivoirien a dissous la Commission électorale indépendante (CEI) après des années de protestations de l'opposition concernant son manque d'indépendance présumé et sa mauvaise gestion des élections nationales. Le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a déclaré que cette mesure visait à rétablir la confiance du public et à créer un nouveau cadre électoral capable d'organiser des élections pacifiques. Elle offre au président Alassane Ouattara et au parti au pouvoir un prétexte pour façonner la nouvelle instance à leur image. Cependant, si les réformes aboutissent à un système plus équilibré, elles renforceront le système électoral de ce pays d'Afrique de l'Ouest et, par extension, sa démocratie. Cette décision a des conséquences majeures à long terme, car les élections contestées en Côte d'Ivoire, notamment la crise meurtrière de 2010, ont par le passé engendré violence et instabilité.
|
|
|
4. Moscou renforce ses liens sécuritaires avec l'Afrique australe
La Russie et la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) ont prolongé leurs accords de coopération militaire et technique jusqu'en 2028. Lors d'une réunion à Gaborone, les responsables russes et de la SADC se sont engagés à concrétiser leurs accords de 2018, initialement axés sur de vastes engagements diplomatiques. À cette fin, la Russie a proposé un nouveau plan d'action axé sur le soutien logistique, le renforcement des capacités de défense et l'assistance technique aux structures de sécurité régionales. Grâce à cet accord, la Russie consolide sa présence institutionnelle en Afrique australe, en s'engageant dans des accords de défense et techniques à long terme avec un puissant bloc régional de 16 nations. Parallèlement, les puissances occidentales, en quête d'influence stratégique dans la région, font face à une concurrence accrue, Moscou s'éloignant des accords bilatéraux isolés pour consolider ses liens militaires au niveau multilatéral.
|
|
|
|
|
5. Le président taïwanais défie Pékin et se rend en Eswatini
Le président taïwanais William Lai Ching-te s'est rendu en Eswatini malgré les tentatives présumées de la Chine d'entraver ce voyage en faisant pression sur les Seychelles, Maurice et Madagascar pour qu'elles refusent les autorisations de vol. M. Ching-te a présenté cette visite comme la preuve que Taïwan ne renoncerait pas à son engagement international et a signé des accords commerciaux avec le roi Mswati III. Cette visite et les accords signés confèrent à l'Eswatini, seul allié diplomatique africain de Taïwan, un soutien économique et politique accru. En contrepartie, ils constituent une victoire symbolique pour Taïwan en matière de politique étrangère contre la campagne d'isolement menée par Pékin. Toutefois, cet épisode risque de donner à Pékin une image diplomatiquement agressive, ses tactiques de pression attirant l'attention. Cette visite modifie également l'équilibre des forces dans la rivalité sino-taïwanaise en démontrant que les petits États peuvent encore résister à l'influence de Pékin. À plus long terme, cet épisode souligne l'intensification de la compétition géopolitique pour la reconnaissance diplomatique et les partenariats stratégiques en Afrique.
|
|
|
|
|
6. Le Kenya est confronté à une recrudescence des violences politiques à l'approche des élections.
Alors que le Kenya se prépare aux élections générales de 2027, la violence politique, qualifiée localement de « gangs de voyou », s'intensifie rapidement . Des bandes armées de machettes et d'armes à feu perturbent de plus en plus les rassemblements politiques et agressent physiquement les parlementaires. Les chefs de l'opposition accusent le gouvernement du président William Ruto d'alimenter directement ces violences, pointant du doigt sa rhétorique de plus en plus intransigeante et brutale suite aux manifestations anti-impôts de l'année dernière. À l'inverse, l'administration Ruto affirme que ces violences sont le fait de politiciens de l'opposition. Si cette montée de la violence offre aux élites politiques un moyen d'intimider leurs adversaires, elle menace aussi la stabilité institutionnelle du pays en privant les citoyens de leur droit démocratique à une participation politique sûre et équitable. Les experts préviennent que, sans une désescalade radicale du discours, les élections de 2027 pourraient reproduire les violences catastrophiques de 2007.
|
|
|
7. Le Mali affirme que les attaques d'avril visaient le chef de la junte.
L'armée malienne a confirmé que les attaques coordonnées menées par les insurgés en avril s'inscrivaient dans un complot visant à assassiner le chef de la junte, le général Assimi Goïta. Selon un porte-parole de l'armée, les insurgés ont utilisé plusieurs voitures piégées, dont une ciblant explicitement la résidence du chef de l'État. Les répercussions de cette tentative d'assassinat ont également accéléré la répression des médias internationaux dans la région. Au Burkina Faso voisin, membre de l'Alliance des États du Sahel, les autorités ont interdit la diffusion de la chaîne française TV5Monde, l'accusant de propager de la désinformation et de glorifier le terrorisme dans sa couverture des attaques au Mali. Cette interdiction des médias témoigne d'une volonté plus large et continue des régimes militaires du Sahel de contrôler étroitement le récit de la guerre et de bloquer les reportages étrangers qu'ils jugent démoralisants pour les troupes au front.
|
|
|
8. Les pays africains lancent des avertissements face à la violence xénophobe
Plusieurs gouvernements africains, dont le Kenya, le Malawi et le Lesotho, ont exhorté leurs citoyens en Afrique du Sud à la prudence et à rester chez eux face à une recrudescence des attaques xénophobes visant les migrants. Ces troubles, alimentés par la colère face à la montée du chômage, accentuent la pression sur les travailleurs étrangers et les migrants sans papiers, dont beaucoup sont originaires des pays africains voisins. Le Ghana et le Nigeria ont également commencé à rapatrier leurs ressortissants menacés par ces violences, et Accra a exhorté l'Union africaine à intervenir. Cette situation renforce la visibilité et l'influence politique de groupes d'autodéfense anti-immigration comme Operation Dudula, qui sont en première ligne. Parallèlement, ces violences mettent les migrants et les ressortissants étrangers en danger physique et les exposent à un risque de déplacement économique. À long terme, la poursuite de ces attaques risque d'isoler l'Afrique du Sud sur les plans diplomatique et économique du reste du continent, et de compromettre son rôle de leader régional.
|
|
|
9. Les communautés nigérianes résistent au retour des insurgés
Le plan nigérian de réintégration de plus de 700 anciens combattants de Boko Haram dans la vie civile se heurte à une forte résistance. Les autorités affirment que le programme encourage les défections, freine le recrutement extrémiste et renforce la sécurité à long terme en réhabilitant les anciens combattants à faible risque grâce à un accompagnement psychologique et une formation professionnelle. Cependant, les communautés du nord-est, exaspérées par la violence – notamment dans l'État de Borno – s'y opposent farouchement. Le programme offre aux anciens combattants de Boko Haram une voie de réinsertion sociale facilitée par l'État et leur permet d'éviter les poursuites judiciaires classiques. Mais pour les survivants des violences extrémistes, dont beaucoup croupissent encore dans des camps de personnes déplacées, cette initiative ravive de profonds traumatismes, d'autant plus qu'elle les prive de justice. Si l'État ne parvient pas à concilier la réhabilitation des insurgés et la justice transitionnelle pour les victimes, ce programme de réintégration controversé risque de déclencher des violences locales, d'aggraver la méfiance de la population et, en fin de compte, de ne pas garantir une paix durable dans le nord-est du pays.
|
|
|
|
|
10. Le chef des RSF annonce une longue guerre alors que les pourparlers de paix sont au point mort.
Le commandant des Forces de soutien rapide (FSR), Mohamed Hamdan Dagalo, alias Hemetti, a adressé un discours de défi à ses troupes, affirmant que le groupe paramilitaire avait triplé ses effectifs, passant de 143 000 à 450 000 combattants depuis le début de la guerre civile soudanaise en avril 2023. S'exprimant depuis un lieu tenu secret, Hemetti a imputé la responsabilité des violences persistantes à l'état-major, qu'il a accusé de servir de façade aux Frères musulmans et à l'État islamique. Tout en affirmant que les FSR souhaitaient ardemment un cessez-le-feu immédiat, il a averti que ses forces étaient prêtes à poursuivre la guerre pendant 40 ans si aucun accord de paix n'était trouvé. Hemetti s'est vanté que les FSR disposaient des capacités militaires nécessaires pour repousser l'armée nationale jusqu'à son bastion de Port-Soudan, mais a affirmé que ses forces se retenaient afin de protéger les civils. Ce discours, qui projette une image de force, de légitimité populaire et de détermination, confère aux FSR un atout majeur dans toute négociation potentielle visant à mettre fin au conflit. Pendant ce temps, la population civile soudanaise demeure la principale victime du conflit, confrontée à un conflit enraciné sans perspective de résolution. De plus, la rhétorique d'Hemetti indique que les RSF se consolident en un État parallèle, avec des projets de gouvernance, de santé et d'éducation dans les zones qu'elles contrôlent – ââtransformant ainsi une faction militaire en un rival politique de longue durée.
|
|
|