L’eau, pilier stratégique du développement africain
Face à la croissance démographique accélérée et au doublement attendu de la population active d’ici 2050, l’eau s’impose comme un levier structurant du développement économique en Afrique subsaharienne.
Des systèmes d’approvisionnement performants conditionnent la santé publique, la productivité agricole et la prospérité urbaine. Au cours de la dernière décennie, plus de 250 millions de personnes ont obtenu un accès amélioré à l’eau potable. Malgré ces avancées, près d’un tiers de la population reste privé d’accès en 2024, et en zone rurale, près d’une personne sur deux demeure concernée.
Irrigation, emploi et sécurité alimentaire
Dans une région où 95 % des petites exploitations agricoles dépendent encore des précipitations, l’extension de l’irrigation représente une opportunité majeure. Elle pourrait générer plus de 200 millions d’emplois mieux rémunérés à travers les chaînes de valeur agroalimentaires.
L’eau constitue également un facteur clé de résilience face aux inondations, aux sécheresses et aux chocs climatiques croissants.
Une mobilisation continentale et internationale
L’Union africaine a proclamé 2026 Année internationale pour garantir un accès durable à l’eau et à l’assainissement. Plusieurs plans nationaux sont soutenus par le Groupe de la Banque mondiale et d’autres partenaires internationaux.
Un programme régional de 1,6 milliard de dollars en Afrique orientale et australe vise à fournir des services d’eau durables à plus de 30 millions de personnes d’ici 2032. En Afrique de l’Ouest et centrale, des programmes multi-phases associent financements publics et privés pour renforcer la sécurité hydrique de 20 millions de personnes supplémentaires.
Énergie, agriculture et eau : une approche systémique
L’eau ne peut être dissociée des systèmes énergétiques et alimentaires. L’énergie est indispensable au traitement et à la distribution de l’eau, tandis que l’agriculture dépend directement de la sécurité hydrique. Des initiatives comme Mission 300 ou AgriConnect illustrent cette approche intégrée visant à transformer structurellement les économies africaines.
Études de cas : Éthiopie et Sénégal
L’Éthiopie a lancé un programme national intégré “Une seule eau, assainissement et hygiène”, coordonnant plusieurs partenaires au développement pour améliorer l’accès de plus de 20 millions de personnes.
Le Sénégal, quant à lui, mobilise 600 millions de dollars de financement privé pour des infrastructures stratégiques destinées au Grand Dakar, démontrant la capacité d’attraction des investissements lorsque la gouvernance est solide.
Un enjeu fondamental pour la jeunesse africaine
La jeunesse africaine aspire à l’éducation, à l’emploi et à la stabilité économique. Garantir l’accès universel à l’eau représente une condition préalable à la transformation structurelle du continent.
L’eau n’est pas seulement une ressource : elle est un vecteur de souveraineté, de croissance et de stabilité pour l’Afrique du XXIe siècle.