La victoire de l'opposition ébranle le parti au pouvoir au Nigeria

20 août 2026

Dix reportages. Cinq minutes.
Un regard plus clair sur l’Afrique d’aujourd’hui.

RADIOTAMTAM AFRICA — La Parole est une Force

1. La victoire de l'opposition ébranle le parti au pouvoir au Nigeria

L'opposition nigériane a remporté une victoire symbolique lors de l'élection du gouverneur de l'État d'Osun, le 16 août, avec la victoire du gouverneur sortant Ademola Adeleke, du Parti de l'Accord, sur le candidat du parti au pouvoir, le Congrès des progressistes (APC), Bola Oyebamiji. Les analystes ont qualifié ce résultat de signal d'alarme pour le président Bola Tinubu, candidat à sa réélection en 2027. Bien que Tinubu ait salué ce résultat comme la preuve que la démocratie reste florissante, la campagne a été marquée par des violences qui, selon des organisations de la société civile, ont fait plus de 30 morts. Par ailleurs, l'agence anticorruption, la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC), a gelé les comptes de l'État d'Osun dans les jours précédant le scrutin, une mesure largement perçue comme visant la campagne d'Adeleke, que Tinubu a ensuite tenté de faire cesser. Cet épisode fragilise la stratégie de consolidation agressive de l'APC. Le parti a renforcé sa position nationale grâce aux défections de six gouverneurs et d'au moins 75 parlementaires, mais le résultat d'Osun montre que des victoires de l'opposition restent possibles.

2. L'ANC sud-africaine fait face à un nouveau bilan électoral.

Le Congrès national africain (ANC) d'Afrique du Sud est confronté à un nouveau revers électoral , les électeurs se préparant aux élections locales dans un contexte de frustration croissante face au chômage, à la criminalité, à la pauvreté et à la vétusté des infrastructures. Le parti n'a recueilli que 40,2 % des suffrages aux élections générales de 2024, un score historiquement bas, et les analystes anticipent de nouvelles pertes, de nombreux problèmes municipaux demeurant irrésolus. L'image du président Cyril Ramaphosa a également été ternie par une longue enquête pour blanchiment d'argent liée à des fonds volés dans sa réserve animalière, bien que la procédure de destitution soit toujours au point mort. L'Alliance démocratique (DA), qui gouverne au niveau national avec l'ANC, pourrait gagner du terrain, notamment grâce à la campagne d'Helen Zille pour la mairie de Johannesburg. Parallèlement, le parti MK et les petits partis sont bien placés pour séduire les électeurs mécontents. Cependant, aucun des deux grands partis ne semble proche des 50 %, ce qui rend les négociations de coalition de plus en plus cruciales à long terme.

3. L'opposition zambienne conteste la victoire électorale d'Hichilema

Le chef de l'opposition zambienne, Brian Mundubile, a annoncé son intention de contester la réélection du président Hakainde Hichilema devant les tribunaux , invoquant des irrégularités présumées lors du vote, du dépouillement et de la transmission des résultats. La commission électorale a déclaré Hichilema vainqueur avec environ 60 % des voix, contre 38 % pour Mundubile. Cependant, les tensions se sont exacerbées après le scrutin, les autorités arrêtant onze figures de l'opposition et suspendant temporairement le dépouillement suite à des informations faisant état de violences et de fraudes électorales. Hichilema abordait cette élection avec un bilan économique solide, notamment grâce à une restructuration de la dette et un redressement économique, ce qui lui conférait un avantage certain. Néanmoins, les accusations de réduction de l'espace politique pourraient, à terme, nuire à la crédibilité de son second mandat. Sa prestation de serment est prévue dans la semaine suivant la publication des résultats définitifs par la commission. Toutefois, ce recours juridique pourrait retarder la procédure et mettre à l'épreuve la solidité des institutions démocratiques zambiennes.

4. Le Tchad rétablit ses liens militaires avec la France

Moins de deux ans après la fin de 65 ans de coopération en matière de défense, le Tchad et la France semblent renouer des liens militaires . N'Djamena avait rompu ce partenariat fin 2024, invoquant une affirmation de souveraineté, après avoir accueilli un millier de soldats français qui fournissaient un soutien logistique et de renseignement à l'armée tchadienne. Cependant, depuis cette rupture, le Tchad peine à nouer de nouveaux partenariats de sécurité, tout en faisant face aux activités de Boko Haram près du lac Tchad et au groupe rebelle du MPRD dans la province du Moyen-Chari. Pour la France, ce retour à la normale lui permet de retrouver un point d'appui stratégique pour étendre son influence en Afrique centrale et au Sahel, où celle-ci s'est affaiblie. Le Tchad, quant à lui, pourrait bénéficier d'un soutien militaire précieux. Toutefois, ce rapprochement comporte des risques pour le président tchadien Mahamat Déby, risquant de tendre les relations avec les États voisins et de fragiliser le discours anticolonial qu'il a cultivé auprès des jeunes citoyens, sceptiques face à un retour de la présence militaire occidentale.

5. Le nouveau centre antiterroriste du Mozambique est mis à l'épreuve

Le Mozambique a inauguré le Centre national de prévention et de lutte contre le terrorisme et l'extrémisme violent en novembre 2025, avec pour objectif d' unifier la réponse fragmentée à l'insurrection liée à l'État islamique, qui a fait plus de 6 700 morts depuis 2016. Ce centre, dirigé par un officier militaire, est chargé de coordonner la recherche, le renseignement, les opérations, l'analyse des risques, les programmes communautaires et les efforts de lutte contre le financement du terrorisme. Cependant, des voix critiques s'élèvent, craignant que sa structure à dominante militaire ne reproduise les conflits d'influence entre la police et l'armée qui ont entravé les opérations précédentes. Son approche excessivement militariste, son absence de présence sur le terrain à Cabo Delgado, ses contraintes budgétaires et technologiques, ainsi que son implication limitée auprès de la société civile, restreignent davantage son action. Les analystes estiment que, sans s'attaquer aux causes profondes telles que le chômage des jeunes, les inégalités et l'exclusion des bénéfices tirés des ressources naturelles, et sans véritable contrôle civil, le centre risque de devenir un maillon sous-financé supplémentaire d'une réponse sécuritaire qui, jusqu'à présent, n'a pas permis de vaincre l'insurrection.

6. La révolte de la jeunesse malgache ouvre la voie à des réformes

Fin 2025, des manifestations menées par des jeunes contre les pénuries d'eau et d'électricité ont renversé le président malgache Andry Rajoelina, dégénérant en un mouvement de contestation plus large contre ce que les chercheurs qualifient d'« État capturé ». Selon ces mêmes chercheurs, les anciens dirigeants ont abusé de leurs pouvoirs constitutionnels, placé leurs fidèles au cœur des institutions et neutralisé les tribunaux anticorruption, tout en profitant du trafic illégal de bois de rose, de vanille et d'or. Un gouvernement militaire dirigé par le colonel Michael Randrianirina a alors pris le pouvoir et promis une transition de deux ans, mais l'inquiétude grandit quant à un possible report des élections prévues pour 2027, notamment face à l'influence russe croissante. Parallèlement, près de la moitié des citoyens interrogés se méfient du mouvement de protestation lui-même, et le dialogue national, longtemps reporté et censé aborder la réforme constitutionnelle, est remis en question quant à l'indépendance de son comité de supervision, dirigé par l'Église. Les analystes estiment qu'une réforme durable nécessitera des changements dans le financement politique, les services publics et la responsabilité institutionnelle, et non un simple remplacement d'une élite par une autre.

7. L'Espagne change de position concernant les enfants migrants à Ceuta

L'Espagne a revu sa position et autorisera le transfert de 500 enfants migrants non accompagnés de Ceuta vers le continent, quelques semaines après l'arrivée d'environ 70 000 personnes dans l'enclave nord-africaine. La plupart des migrants adultes sont depuis retournés au Maroc, mais la loi espagnole oblige l'État à prendre en charge les mineurs jusqu'à leur majorité. Cette décision crée des tensions politiques, les régions dirigées par le Parti populaire (conservateur) et le parti d'extrême droite Vox refusant d'accueillir ces enfants. Le gouvernement prévoit de faire appel à des ONG et aux services de protection de l'enfance pour venir en aide aux enfants vulnérables, notamment les filles, ce qui lui permettra d'éviter de transférer cette responsabilité aux gouvernements régionaux. La Commission européenne, cependant, a déclaré que le droit de l'UE exige le renvoi des migrants en situation irrégulière à Ceuta, révélant un conflit entre les règles européennes et le cadre juridique espagnol actuel, ce dernier n'ayant pas intégré le dernier pacte sur les migrations.

8. Les rebelles du M23 restreignent les déplacements pour freiner la propagation d'Ebola.

L' alliance rebelle AFC/M23, qui contrôle des régions de l'est du Congo, a imposé de nouvelles restrictions de déplacement après que deux personnes originaires d'une ville contrôlée par le gouvernement ont été testées positives au virus Ebola dans un village tenu par les rebelles. Les taxis collectifs et les bateaux de passagers sur les principaux axes routiers seront suspendus pendant un mois, tandis que les camions et les bus ayant subi des contrôles sanitaires pourront continuer à circuler. Ces mesures offrent au M23 une nouvelle occasion de se présenter comme une autorité gouvernementale efficace sur les territoires conquis lors de son avancée de 2025, notamment Goma et Bukavu. Le groupe a instrumentalisé la riposte à l'épidémie d'Ebola pour démontrer sa capacité administrative, ayant précédemment déclaré exemptes de virus les zones sous son contrôle. Cependant, cette épidémie accentue la pression sur une riposte déjà fragile : le nombre de cas confirmés au Congo a dépassé les 5 000, tandis que les combats se poursuivent. Ces restrictions illustrent comment le conflit entre l'armée congolaise et les rebelles complique une réponse sanitaire déjà difficile au Nord et au Sud-Kivu.

9. L'armée soudanaise signale des défections massives au sein des Forces de soutien rapide (FSR), son rival.

Des centaines de combattants, dont des commandants de haut rang, auraient fait défection des Forces de soutien rapide (FSR) soudanaises pour rejoindre l'armée nationale, signe d'une pression croissante au sein de ce groupe paramilitaire alors que la guerre entre dans sa quatrième année. Ce dernier contingent comprend 318 hommes, quatre commandants et jusqu'à 50 véhicules de combat, selon l'armée soudanaise. Il fait suite à la défection, la semaine dernière, de 300 autres membres des FSR, dont 21 commandants, s'ajoutant aux départs de personnalités militaires et politiques. Un déserteur aurait imputé ce choix au manque de structures institutionnelles des FSR et affirmé que le groupe avait opté pour l'armée dans l'intérêt de l'unité du Soudan. Ces défections apportent à l'armée des effectifs, du matériel et des renseignements potentiellement précieux, tout en affaiblissant la cohésion et les capacités opérationnelles des FSR.

10. Le Libéria inculpe son ancien vice-président dans une enquête sur la cocaïne

Le Libéria a inculpé l'ancienne vice-présidente Jewel Howard-Taylor pour trafic de stupéfiants , blanchiment d'argent et autres infractions liées à une enquête transnationale sur le trafic de stupéfiants. Elle a été arrêtée à Monrovia avant d'embarquer sur un vol, la police l'ayant liée à une saisie de cocaïne d'une valeur de 317 millions de dollars le mois dernier. Mme Howard-Taylor, également ex-épouse de l'ancien président Charles Taylor, n'a pas encore réagi publiquement aux accusations. Trois ressortissants étrangers – deux Croates et un Ukrainien – ont également été inculpés par contumace. Cette arrestation offre au gouvernement l'occasion de démontrer que le statut politique n'immunise pas les suspects contre les poursuites. Cependant, elle porte atteinte à la réputation de la classe politique libérienne. À long terme, l'enquête pourrait renforcer la crédibilité des forces de l'ordre si elle parvient à identifier les organisateurs et les financiers du réseau.

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