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À l’approche de l’élection présidentielle gabonaise prévue le 12 avril 2025, la Cour constitutionnelle a validé ce vendredi 21 mars les recours de quatre candidats initialement recalés, portant ainsi à huit le nombre officiel de prétendants en lice. Thierry Yvon Michel Ngoma, Axel Stophène Ibinga Ibinga, Alain Simplice Boungoueres et Zenaba Gninga Chaning rejoignent officiellement la course à la magistrature suprême.
En revanche, la candidature du syndicaliste Jean-Rémy Yama a été rejetée, malgré les efforts fournis pour compléter son dossier. L’équipe de Yama avait notamment transmis un acte de naissance de sa mère pour attester de sa nationalité gabonaise, mais la Cour a estimé que cela ne suffisait pas à combler les pièces manquantes exigées. Le rejet suscite déjà de vives critiques de la part du principal intéressé, qui dénonce une « injustice » et un « traitement discriminatoire », accusant la Cour de chercher à l’écarter délibérément du processus.
Des candidatures nouvelles et une seule femme en lice
Parmi les quatre candidats réintégrés, deux avaient déjà participé à la présidentielle annulée de 2023. Les deux autres, Alain Simplice Boungoueres et Zenaba Gninga Chaning, font leur entrée sur la scène électorale nationale. À 36 ans, Zenaba Chaning, cheffe d’entreprise, devient la seule femme candidate à cette élection, apportant une touche de diversité dans un paysage politique encore largement dominé par les hommes.
Un climat politique tendu et une transition militaire en toile de fond
Cette annonce intervient dans un contexte politique particulièrement sensible. Depuis la chute d’Ali Bongo en août 2023, le Gabon est dirigé par le général Brice Clotaire Oligui Nguema dans le cadre d’une transition militaire. L’élection du 12 avril constitue une étape cruciale pour restaurer un ordre institutionnel et redonner la parole aux citoyens.
La candidature de Jean-Rémy Yama, figure connue pour son opposition au régime Bongo, était perçue comme porteuse d’espoir par une frange de la population. Son exclusion alimente aujourd’hui les inquiétudes sur la transparence et l’équité du scrutin. « Pourquoi ont-ils peur de moi ? », a-t-il lancé dans une déclaration amère, pointant du doigt un processus électoral qu’il juge partial.
Vers un scrutin à enjeux majeurs
Le rejet de certaines candidatures et l’acceptation d’autres, parfois en dépit de dossiers initialement incomplets, suscitent des interrogations sur l’impartialité de la Cour constitutionnelle et sur l’équilibre du processus électoral. Malgré tout, la campagne électorale se précise avec huit candidats, dont certains issus de l’opposition, face à un leader de transition bien installé dans l’appareil d’État.
Cette présidentielle pourrait marquer un tournant majeur dans l’histoire politique du Gabon. Mais pour cela, il faudra impérativement garantir un scrutin libre, transparent et crédible, afin d’éviter toute remise en cause des résultats ou crise postélectorale. La vigilance des électeurs, des observateurs nationaux et internationaux sera donc déterminante dans les prochaines semaines.